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Interview

Gérer une école de danse avec Léna Rummel

Pauline Lagarde

17 min de lecture

Gérer une école de danse avec Léna Rummel
Crédit : Fabrice boh Suzan

Dans la continuité de nos interviews sur les acteurs de l'ombre du West Coast, nous avons décidé cette fois de nous intéresser à la gestion d'une école de danse proposant des cours de West Coast Swing. Nous avons donc décidé d'interviewer Léna Rummel, dirigeant actuellement l'école Temple du Swing à Paris.

WB : Bonjour Léna ! Avant toute chose, peux-tu te présenter rapidement à nos lecteurs ?

Léna : Je danse depuis mes 7 ans, claquettes d’abord et be-bop avec mes parents. J’ai fait partie de la compagnie des Rats de Cave en swing pendant plus de 20 ans. J’ai fait beaucoup de scène et j’ai très vite enseigné le be-bop, vers mes 18 ans, avec mon professeur Lionel Deuquet, avec qui je travaille encore aujourd’hui. J’ai fait mes études avec la danse comme job d’étudiante et finalement je n’ai jamais arrêté, sauf blessée ou enceinte et jamais plus de quelques mois. J’ai ensuite enseigné la salsa cubaine, portoricaine, j’ai aussi fait de la scène en salsa, puis j’ai découvert le West Coast.

WB : Comment as-tu connu le West Coast ?

Léna : Je me mettais au lindy hop et un de mes amis danseur m’a montré une vidéo de Jordan et Tatiana. Il m’a dit : "Tu devrais essayer, c’est en vogue et ça te plairait." C’était dans les années 2005. Je suis allée faire un stage de West Coast dans une école parisienne pour essayer, et là j’ai rencontré un petit mec. Six mois après j’étais accro au West Coast et au petit mec. ;)

Léna et le "petit mec"

WB : Comment est née ta vocation d'enseignante de danse ?

Léna : Lionel m’a proposé de donner cours de be-bop avec lui l’année de mon bac. J’y suis allée, je n'ai pas parlé pendant un an (ça a bien changé). J’ai observé, lui, les élèves, moi. Ce que je faisais et comment je l’expliquerais. Mon prof m’a appris à prendre soin des élèves et à mettre beaucoup de musique pendant les cours. J’ai de suite aimé ça. C’était très gratifiant, les gens étaient contents et ça complétait très bien mon job de danseuse de swing sur scène. Je dormais un peu en cours le matin à la fac mais j’ai réussi à tout mener de front. J’étais une vagabonde, toujours mon baluchon sur le dos prête à partir en démo, ou sur les bancs de la fac.

Démonstration des Rats de Cave

Depuis ce temps j’ai pris beaucoup d’autres cours de danse. Je me suis formée aussi en pédagogie et je n’ai jamais cessé d’aimer prendre des cours et en donner.

WB : Tu es connue pour être la directrice de l'école Temple du Swing à Paris. Peux-tu nous raconter sa naissance ainsi que ce qui t'a poussée à te lancer dans ce projet ?

Léna : Ce n’est pas moi qui ai créé cette école. C’est mon prof Lionel Deuquet avec Christine Boisney dans les années 1980. Je leur dois tout. J’étais qu’une gosse quand je prenais des cours de be-bop avec mes parents et je n’ai jamais vraiment quitté ce milieu. Ado, Christine (dite Tinou) m’a laissée sa place petit à petit dans l’enseignement. Ils m’ont donné leur confiance et j’ai fait mes preuves. J’ai travaillé, j’étais sérieuse, dévouée et passionnée, en tant que prof et danseuse dans la compagnie et aussi en tant que responsable d’équipe lorsqu’on s’est agrandi. J’ai fait des erreurs, j’ai appris, j’ai agrandi la structure, mais j’ai toujours été très très bien entourée. J’ai eu envie de développer les danses que je pratiquais et que j’enseignais, j’ai formé des profs, j’ai loué des salles... J’ai développé l’école mais je n’ai jamais été seule, ils étaient là en arrière plan à me porter et surtout à me donner les moyens, la liberté, et leur confiance. Je leur suis fidèle depuis toujours malgré parfois des propositions alléchantes. Je crois au concept de respecter par notre engagement ceux qui nous ont donné leur confiance. Ça a été un très bel échange humain, une seconde famille avec laquelle j’ai grandi et je me suis construite. Ils sont restés passionnés eux aussi, Lionel enseigne toujours avec moi, il m’a transmis son amour du be-bop et de l’enseignement. Ils avaient besoin de transmettre ce qu’ils avaient construit, j’étais là, au bon endroit, au bon moment. Merci aussi à mes parents de m’avoir amenée à la danse, dans ce club de Bois-Colombes à l’époque ;)

Improvisation de be-bop par Léna et Lionel en 1984

Puis j’ai dû faire un choix au bout de 7 ans d’études en psychopathologie, psychologie du sport et tests psychologiques pour les enfants, un DESS et un DU en poche. Devenir psy ou poursuivre dans la danse. Je pouvais ouvrir un cabinet, j’ai adoré mes études, mes stages, puis je me suis dit que je n’avais pas encore la sagesse, j’avais plus besoin d’être dans la lumière que dans l’ombre. Je me suis lancée dans la danse. Et je n’ai jamais regretté. J’ai eu la chance de ne jamais avoir à chercher du boulot, on m'a proposé des cours, je les ai acceptés. Le métier de danseur pro en compagnie peut être très ingrat, moi j’avais la voie royale.

WB : Peux-tu nous présenter l'équipe avec qui tu travailles ?

Léna : J’ai donc présenté les fondateurs qui sont toujours à mes côtés. Oliv est entretemps devenu mon chéri, mon partenaire de cours West Coast, mon mari, le père de ma fille et mon soutien permanent. Toutes mes décisions sont prises en discussion avec lui, il est mon second. Christelle est une co-équipière parfaite dans l’administratif et comme prof de l’école depuis de nombreuses années. Elle gère aujourd’hui tout ce qui est com de l’école, site, image, fb, newsletter... Ma maman donne aussi des cours de be-bop à l’école depuis plus de 15 ans. Le reste de l’équipe bosse chez nous depuis plusieurs années, et il y a quelques nouveaux. On a une équipe de 28 profs aujourd’hui, dont 10 ne font que ça. C’est une très belle équipe.

Une partie des membres de l'équipe

WB : Ceux qui te suivent sur Facebook le savent, tu as acquis tes propres locaux pour l'école et tu les as enfin aménagé après des mois et des mois de calvaire. Peux-tu nous résumer les différentes étapes auxquelles tu as dû faire face pour arriver à ce résultat ?

Léna : En 2018 et 2019 on était dans une phase où on dépensait des milliers d’euros par mois en location de salles dans Paris. On y avait toujours des problèmes. On a perdu notre plus grosse salle “le Club de la Nation” à cause de la faillite du propriétaire, là où s’est construite toute notre clientèle West Coast, et on est allés de déboires en déboires par la suite. Ça devenait intenable. On a cherché une salle à acheter à 3 avec Oliv et Lionel, autant payer un crédit.

Après plusieurs espoirs dans d’autres salles, celle-ci nous a tapé dans l'œil : 190m2 au pied de la gare Montparnasse, au 32 boulevard de Vaugirard. On aimait le quartier et la salle était idéalement placée dans la galerie commerçante, donc pas de problème de voisinage. Ça a pris 6 mois de négociation et on a acheté en octobre 2019.

Les visages heureux après l'achat du local

Au bout d’1 mois de travaux on a découvert la réserve supplémentaire derrière (aujourd’hui la salle 3), qu'on a achetée aussi quelques mois après. Les autorisations de préfecture pour ouvrir au public et obtenir notre ERP ont pris 2 ans et 2 refus. Ça a été un vrai sacerdoce. On a eu un énorme dégât des eaux en mai 2021 qui a retardé tout de 6 mois et nous a ruiné, bien que la cause n’était pas de chez nous. Les travaux globaux ont duré 3 ans, ils ne sont pas finis et on n’en peut plus, mais on a pu faire nos premiers cours en janvier 2022 dans la petite salle du rez-de-chaussée. Nos élèves de la rentrée dernière ont été très patients et conciliants. Ils ont connu le pire, entre travaux, covid, masque, pas de toilettes, pas de place, le froid puis la canicule ;)

Des travaux...
A un espace flambant neuf !

Puis cette première rentrée en septembre 2022, comme une vraie libération.

WB : Maintenant que la plupart des obstacles sont derrière toi, que cela fait-il d'avoir enfin sa propre salle de danse ?

Léna : Comme je l’ai écrit plusieurs fois dans mes posts Facebook à rallonge, c’est un sentiment très ambigu. Pendant longtemps j’ai dit que je ne voulais pas de lieu à moi, un lieu spécifique qui draine toujours la même population. J’aimais l’idée de la liberté d’une location avec engagement d’un an seulement et de la diversité en plusieurs lieux.

Le fait d’être installés aujourd’hui change pas mal la donne et le fonctionnement.

D’abord les responsabilités sont bien plus grandes en étant propriétaire d’un ERP : au moindre souci de sécurité, c’est moi qui irai en prison par exemple. Bizarrement je ne tiens pas du tout à avoir des blessés ou des morts sur la conscience, et bien que le risque d’incendie soit quasiment nul et que nos équipements permettent de le gérer, on doit l’envisager, ce que je n’ai jamais fait auparavant.

Autre point, la gestion de l’espace dans tout ce qu’il y a de plus basique : accueil quasiment 7/7, ménage, intendance (reste-il du PQ et du savon ?), c’est nous qui le faisons aujourd’hui. C’est un job à plein temps dont on ne s’est jamais préoccupés auparavant en étant en location. Je ne suis pas surprise, je savais et je m’y préparais, mais c’est à prendre en compte dans notre temps ou dans notre budget pour embaucher. C’est un point crucial et pour le moment c’est le plus difficile à gérer.

À part ça, le fait d’être chez soi offre des libertés et des possibilités d’actions dont je ne mesurais même pas l’étendue… La liberté du planning, la liberté d’embauche, la liberté de créer des événements, de laisser aller ses idées, de construire, de produire, sans dépendre de personne, d’essayer, d’arrêter, de changer. Pas d’autorisation à demander, pas de contrainte de date, pas de contrainte de salle… Je ne savais pas à quel point ça me bloquait pour me lancer dans des projets avant et à quel point tout s’est débloqué d’un coup. D’ailleurs pendant ces 3 ans de travaux, la frustration la plus grande a été de freiner les idées associées à ce projet à cause du fait qu’on n’avait aucune date d’ouverture programmable, ni aucune idée de l'espace concret qu’on aurait pour accueillir nos élèves.

Plan des salles de danse en sous-sol

Aujourd’hui notre lieu est à la hauteur de notre imagination. Ca va aussi loin que tout ce qu’on a envie d’y réaliser et ça nous ouvre l’esprit comme si plus rien n’était impossible après ces épreuves. C’est un sentiment de liberté intérieure extrêmement puissant, en plus du fait que concrètement tout est plus facile quand tout est à disposition chez soi. De l’imprimante, aux gobelets, feuilles, stylos, câbles, chargeurs, vaisselle, wifi, de quoi faire nos courses à 10 mètres en cas d'oubli… On ne cherche rien, tout est à disposition et l’air de rien, en location c’est très pénible surtout quand on est comme Oliv et moi : des têtes remplies par des tas de trucs et qui en oublient la moitié… Combien de fois en arrivant en cours ou soirée, on s’est retrouvés sans avoir nos feuilles, nos câbles, les gobelets, la caisse… Donc ça n’a l’air de rien, mais avoir tout sur place parce que c’est chez nous diminue grandement notre charge mentale, notre stress et facilite notre travail.

Il y a aussi l’émotion de voir que nos projets sont partagés par un public nombreux. Comme je l’ai aussi dit dans mon dernier post, l’émotion de voir les gens danser chez nous est inexplicable. C’est une joie, mêlée de fierté et de sérénité. Comme un but dans la vie qui se réalise. Ça donne un vrai sens à tout ce qu’on a fait. Ça remet de la certitude là où il y a eu tant de doutes et d’obstacles.

Je me sens chez moi. Vous venez chez nous pour prendre ce plaisir, pour oublier le quotidien dans une discipline pure et sociale, ça va beaucoup plus loin que le fait de "réussir". C’est une très belle sensation et je m’en nourris chaque fois que je le peux.

Visite guidée en vidéo des locaux de l'école

WB : As-tu d'autres projets d'aménagement pour l'école ?

Léna : Oui on en a plein, mais le public ne les verra pas forcément. On a d’autres projets pour utiliser notre salle à plein temps, notamment en journée par exemple.

Mais déjà, il faudrait que tout soit fini et fonctionne correctement, ce qui n’est pas encore le cas. On apprend aussi à connaître notre lieu et son fonctionnement. Il était impossible de savoir exactement à l’avance l’espace réel qu'on aurait et comment le faire fonctionner, la clim, la VMC, l’intendance, le ménage, les problèmes, le nombre de prises… On est encore en test de beaucoup de choses. Je pense que dans un an on saura plus précisément où on va et ce qu'on peut encore mettre en place.

Léna en pole position pour remplacer Valérie Damidot

WB : Ton école s'appelle Temple Du Swing, mais vous proposez de plus en plus de cours de danses "non swing" comme la bachata, la kizomba ou la salsa. Est-ce important pour toi d'avoir une école multidanses ?

Léna : J’ai toujours aimé toutes les danses. Je trouve qu’il n’y a pas de hiérarchie, toutes les danses se valent et leur choix se porte uniquement sur des questions de goût musicaux et d’énergie. C’est un sujet que je défends depuis toujours car le milieu de la danse, comme tous les autres, n’est pas épargné par la sur-valorisation de son activité par le mépris des autres, et j’ai horreur de cette attitude.

J’avais envie de proposer des danses différentes, mais j’ai dû aussi suivre l’offre et la demande car je ne peux pas me permettre de mettre l’école en danger. Un cours qui ne marche pas est un gouffre financier. Je ferai donc des essais chaque année pour des profs ou des danses coups de cœur et on verra. Le nom de l’école est historique et a en effet sûrement joué en défaveur des danses latines cette rentrée par exemple. Mais je réessaierai ;)

WB : Qui dit nouveaux cours dit nouveaux professeurs ! Comment se passe le recrutement des nouvelles têtes ?

Léna : Jusqu’à maintenant et à part quelques “stars” en West Coast ou dans les disciplines qu’on n’a jamais pratiquées ou enseignées, comme le zouk, le lindy hop, le balboa ou la kizomba, on a embauché uniquement des profs qu’on avait nous-mêmes eus comme élèves et qu’on avait formés, en West Coast Swing ou en be-bop. La priorité a toujours été de considérer en premier lieu un état d’esprit aligné avec celui de l’école. Un être humain qui correspond à nos attentes et avec lequel on diminue le risque de conflit, car le plus difficile est justement la gestion de l’humain, les différences de points de vue ou d’attentes. Ensuite, on propose de donner des cours selon nos besoins, et certains ont fait connaître leur volonté d’enseigner. Puis on forme, on fait des rappels pédagogiques chaque année, des remises à niveau, une formation continue. L’équipe de profs est le relai de ce qu’on est pour le public. Il est primordial qu’on soit sur une même longueur d’ondes. On s’est parfois trompés, on s’est parfois fâchés avec certains, mais dans l’ensemble, notre équipe de fond est la même depuis longtemps et je crois que ça se passe bien.

Faire partie de l'équipe des profs nécessite de connaitre son alphabet

Maintenant on commence à embaucher d’autres profs. Cette année tout s’est fait très vite. De jolies rencontres et quelques unes qui n’ont pas fonctionné. C’est beaucoup une question de feeling, et la relation est différente avec ceux qui en font leur métier. On s’adapte. J’aime que chaque prof se sente chez lui aussi et soit investi de la même envie que ça marche. Pour le moment c’est le cas je crois avec cette équipe.

WB : En parlant de nouveaux professeurs, l'école propose quelque chose d'innovant : la présence d'Emeline et Jakub (J'em) une fois par mois pour les cours de West Coast de niveau Confirmé à Invitationnal. Comment cette idée s'est-elle concrétisée ?

Léna : Un jour en mai l’an dernier, J’em a débarqué dans une de nos afters, après un stage qu’ils avaient donné en région parisienne.

Ils ont visité et ont bien apprécié le lieu. J’avais déjà bossé avec Emeline quand elle venait donner des cours avec Maxence, il y a plus de 6 ans environ…

C’est eux qui m’ont proposé leurs services. L’idée a germé et je trouvais que pour continuer avec les Perf qu’on avait déjà depuis plusieurs années avec un coup de boost pour la rentrée, nous donner du souffle, c’était une très belle occasion. Alors on s’est vite mis d’accord sur un partenariat une fois par mois.

L'affiche de lancement des cours avec J'em

Et on a dû ouvrir le cours Invitational, suite à la forte demande des élèves et leur niveau. Encore une fois au-delà de nos espérances. Le niveau à l’école et dans les soirées est fou. On espère juste que ça ne fera pas déserter les débutants des soirées parce que je sais que ça peut les impressionner (j’ai eu plusieurs fois des remarques en ce sens). J’espère que les bons niveaux se rappelleront qu’ils ont été débutants et qu’ils peuvent aussi danser avec tous les niveaux ;) message subliminal… haha

WB : Ton école propose également beaucoup d'aménagements pour les enfants, notamment au niveau de certains cours adaptés pour eux. Est-ce quelque chose qui te tient à cœur ?

Léna : Cette première tentative de cours enfants n’a malheureusement pas rencontré son public pour cette première année.

Je rêve en effet que le West Coast enfant marche aussi bien qu’à Lyon par exemple. Mais c’est la première rentrée, il faut laisser le temps aux parisiens de nous voir aussi comme une école pour enfants, et on fera la com plus tôt l’an prochain. Je ne baisse pas du tout les bras. On a encore une petite fille qui vient faire cours avec sa maman dans un cours adulte et j’en suis ravie :)

Ça me tient beaucoup à cœur en effet, ne serait-ce que pour que ma fille participe aussi à nos activités les week-ends et se fasse des copains parmi les enfants des copains danseurs... Agrandir la famille, créer un cercle social étendu, c’est aussi ça la danse et c’est ce que j’ai vécu enfant. J’aimerais ouvrir cette option à tous les danseurs parisiens qui sont maintenant parents. Parce qu’être parent et avoir une activité professionnelle ou de loisir décalés (soirs et week-ends) c’est assez difficile à gérer tant que l’enfant ne peut y participer. Donc je serai patiente et je recommencerai les essais, quitte à ce que ce soit la seule activité qui soit en déficit, mais que je conserve à l’école.

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Léna et Olivier dansant avec leur petite fille

WB : La question écologique devient de plus en plus préoccupante, et gagne petit à petit le monde du West Coast. Connaissant ton engagement dans le domaine, comment fais-tu face à ces enjeux au sein de l'école ?

Léna : J’ai dû faire face à mes propres contradictions et besoins. Je fais de mon mieux et c’est au cœur de toutes mes décisions.

On ne pouvait pas se passer de la clim par exemple. C’est un élément qui va devenir indispensable aux activités sportives en salle à l’avenir malheureusement, et même d’un point de vue sécurité je ne pouvais pas laisser la température monter au delà de 30 avec un taux d’humidité à 90 sans avoir d’accident…

Pour ce qui est du reste, j’ai essayé de faire un maximum de récup dans le mobilier, tout n’a pas tenu d’ailleurs, un public nombreux chaque semaine est un effort pour tout le matériel. L’usure est rapide, même si je trouve les élèves et notamment les west coasters assez respectueux du lieu.

Quelques exemples de mobiliers récupérés

Sinon, on lave les gobelets plastiques, ça prend du temps à regrouper en fin de soirée et à ranger après le lave-vaisselle. J’ai acheté le parquet dans un magasin écolo, sans émanation toxique (Bien-être-matériaux). On essaie d’être peu consommateurs de trajets en avion en tant que danseurs (ça fait au moins 6 ans qu’on n’a pas pris l’avion). On utilise du savon et des produits ménagers en recharge souple et nos grandes bouteilles d’eau de fontaine sont de la récup qu’on remplit. Je cherche une bonne solution pour le sèche-main mais pour le moment je n’en ai pas trouvé (ni électrique, ni à papier jetable, ni un rouleau à laver dans un tambour de 10kg…). Je voulais avoir un récupérateur de mégots de cigarettes à recycler mais je n’ai pas encore été au bout de ma démarche. Ce sont des contraintes supplémentaires mais en accord avec nos valeurs, ce qui nous enlève un poids de culpabilité et c’est déjà pas mal.

Une fois qu’on sera bien installés, on programmera des événements en faveur de l’écologie de différentes manières et aussi sur d’autres sujets qui me tiennent à cœur, comme le soutien aux causes des femmes et au respect de chacun.

WB : As-tu des trucs et astuces à nous partager pour danser plus écoresponsable ?

Léna : Il n’y a pas de truc spécifiques aux danseurs je pense et dans l’ensemble ce n’est pas une activité très polluante en dehors des événements loin.

Si on doit résumer je dirais :

  • avoir chacun sa gourde ou gobelet (ne pas acheter de bouteille d’eau en plastique),
  • avoir sa petite serviette pour s’essuyer les mains ou le front et ne pas utiliser de serviettes jetables en papier,
  • couper l’eau quand on se savonne les mains,
  • privilégier les événements qui ne nécessitent pas de prendre l’avion,
  • faire le tri dans ses mails, vidéos et musiques dont le danseur est un gros consommateur,
  • privilégier les transports en commun ou le co-voiturage pour les événements plus proches,
  • fumeurs, ne jetez pas vos mégots n’importe où, ça pollue l’air et les cours d’eau.

WB : Quels sont les prochains évènements que vous allez organiser avec l'école ?

Léna : Dans l’école on en a trop pour les citer, c’est tous les week-ends quasiment ;) et on n’a pas prévu un gros événement en particulier prochainement dans nos locaux. Mais on a notre gros événement Ski West à la Plagne qui arrive bientôt en mars, et bien sûr le Winter Crazy Swing avec les Escaravage en décembre.

Vous aussi venez participer au concours du meilleur costume du Winter Crazy Swing

WB : Un dernier mot à nous dire ?

Léna : Merci beaucoup pour ce petit coup de projecteur. Je suis heureuse de pouvoir partager avec ceux qui le liront le quotidien et les aventures liées à ce métier qui est un plaisir avant tout. Je mesure chaque jour la chance de faire de ma passion mon métier, d’avoir rencontré tous ceux qui font ma famille de cœur et de travail et de pouvoir faire plaisir à ceux qui participent.

WB : Merci beaucoup d'avoir joué le jeu des questions-réponses ! On se dit à très bientôt sur les pistes ! :)

Interview créée par Pauline et réponses rédigées par Léna

Écrit avec passion par ...

Pauline Lagarde
Pauline Lagarde

Paris

Expatriée dans la capitale, elle n'en oublie pas pour autant ses racines alsaciennes et revient fréquemment sur Strasbourg pour danser et surtout pour martyriser Adrien.

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